Dame Eulalie MOMINE est vendeuse de poissons fumés ainsi que de condiments provenant de la ville de Man, au marché de Boundiali. Elle a accepté de répondre aux interrogations de LE GRIOT DE LA BAGOUE et de se prêter aux jeux de questions-réponses pour en savoir un peu plus sur son activité.
Bonjour Madame, pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle DAN EULALIE SUN EPOUSE MOMINE, je suis mariée et mère de 4 adorables enfants.
Que faites-vous dans la vie active ?
Je suis une commerçante.
Commerçante ? Que vendez-vous au juste ?
Je vends des poissons fumés et les condiments qui viennent de l’ouest du pays, précisément de Man.
Quand avez-vous commencé ce commerce ?
Oooh, depuis 2023 !
Vous auriez pu rester à la maison à vous occuper des enfants. Pourquoi avez-vous décidé d’entreprendre ?
J’ai choisi d’entreprendre pour être autonome financièrement, aider mon mari dans les charges avec nos enfants et surtout ne pas dépendre de quelqu’un.
Comment ça a commencé ?
Eh, j’ai commencé avec 10 kg de poissons. Je vous assure que le même jour c’est fini. (Rires) Le deuxième jour j’ai pris 15 autres kilos de poissons et là encore, c’est fini ! C’est là que je me suis dit que ça pouvait être quelque chose de bon. Les jours qui ont suivi, j’ai pris 1 cartons de poissons que j’ai pu écouler. Ensuite 4 cartons parce que c’était samedi, jour du marché. J’ai tout vendu aussi. Depuis je n’ai plus relâché jusqu’aujourd’hui. Mais je ne me suis pas arrêté aux poissons seulement, j’ai essayé avec l’huile rouge. Mes clients ont aimé. J’ai ajouté le placali. Là encore mes clients ont apprécié. Je me suis dit alors pourquoi ne pas vendre les condiments en mème temps ? Et c’est ce que je fais jusqu’aujourd’hui.
Avez-vous rencontré des difficultés dans votre activité ?
Oui, problème de place au marché.
Comment ça ?
La place que j’occupais appartenait à quelqu’un. Un jour, il est venu la récupérer parce que lui aussi on l’avait chassé. Il vendait la viande au bord de la route. Ça a été vraiment difficile pour moi et mes enfants. Car c’est lorsqu’il finissait de vendre que je déposais mes articles à sa place. Mais j’étais toujours en prière. Une dame m’a appelé quelque temps après pour me proposer sa place. Elle m’a révélé que cette place avait été sollicitée par plusieurs femmes mais, elle a décidé de me la confier à moi. C’est cette place que j’occupe actuellement. Je ne cesserai jamais de la remercier pour ce geste.
Comment ça se passe ?
J’’arrive aujourd’hui à me prendre en charge aussi à soutenir mon mari, mes enfants et mes protégés par la grâce de Dieu.
1- Vous avez d’autres projets ?
Ouiiii ! Je souhaite avoir un grand magasin ou on vend tous les ingrédients de Man (poisson sec, huile rouge, etc.) et aussi avoir du matériel moderne qui me permettra de fumer les poissons sans soucis.
2- Quels conseils pouvez-vous donner à ceux qui nous lisent ?
Je vais m’adresser à mes sœurs de la région. Il n’y a rien de telle quand on est autonome. C’est-à-dire qu’on arrive soi-même à payer ses petites choses et aider sa famille. Levez-vous mes sœurs ! Le lit de la maison chauffe, si tu n’es pas allé à l’école comme moi, lève-toi et faut pas avoir peur de te lancer dans le commerce ! Ça nourrit très bien son homme.
Interview réalisée par PREMIÈRE DAME.